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TOPO DU 25 MARS Notre animateur, Richard Martineau, explore cette ville en déclin où les maisons abandonnées foisonnent autour des usines désaffectées et des théâtres en décomposition, qui témoignent avec désolation de l’impitoyable réalité économique qui frappe cette ville de l’État du Michigan, jadis berceau de l’automobile et de la musique Motown, devenue le nouveau refuge pour des milliers d’Irakiens, une terre d’accueil qui rappelle étrangement Bagdad... sans les bombes. |
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Dans la première moitié du XXe siècle, l'Amérique était autant une idée qu'un pays. Elle symbolisait le rêve que la personne la plus commune pouvait accéder à une vie extraordinaire. Une vie sans soucis, baignée de luxe et d'un confort autrefois réservé à quelques privilégiés. (…) Au sommet de sa gloire, Détroit était la quatrième ville la plus populeuse aux États-Unis. Elle était riche, et la "motortown" était aussi "motown", c'est-à-dire un centre culturel important. Alors qu'est-ce qui s'est passé pour que la population fonde de moitié et que Détroit devienne une des villes les plus pauvres et violentes en Amérique? Un endroit qui ressemble plus au tiers-monde qu'à l'Eldorado qu'elle a déjà été. Tout d'abord, de terribles émeutes raciales ont déchiré la ville en 1967. Au terme de ces cinq jours sanglants où l'armée a dû intervenir, une quarantaine de personnes sont tuées, les arrestations se comptent par milliers, et la ville est littéralement à feu et à sang. Ensuite, les hausses du prix de l'essence et les crises successives dans l'industrie automobile forcent les grands constructeurs à mettre pas mal de monde à pied. Et plus récemment, la crise financière actuelle qui achève de piétiner cette ville qui était déjà à terre. Pour visiter ce qui reste de la ville de Détroit, je me suis adressé à Lowell Boileau, un artiste photographe qui a plusieurs sites web et qui organise des tours guidés de ce qu'il appelle lui-même "Les ruines de Détroit".
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Détroit a déjà été la capitale industrielle des États-Unis. C'est maintenant l'une des villes les plus pauvres du pays. Il y a des travailleurs et des familles entières qui fréquentent les soupes populaires. Nous sommes allés à la rencontre des nouveaux pauvres du capitalisme américain. Le filet social des Etats-Unis est plein de trous, et les plus démunis de la société se retrouvent souvent dans une situation extrêmement précaire. Un des endroits qui permet de ne pas crever de faim est une soupe populaire gérée par les Capucins, une communauté religieuse qui a commencé à nourrir les pauvres au cœur de l'autre grande dépression, la crise de 1929. Chaque mois, la soupe populaire des Capucins donne 300 000 livres de nourriture à des familles pauvres et leur fournit des milliers de vêtements. Comme un bon missionnaire, j'ai plongé dans la soupe pour y rencontrer ceux qui n'ont plus rien.
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En 1964, le prêtre catholique irakien Jacob Yasso fut envoyé en mission à Détroit, autant dire en enfer. Un malheur ne venant jamais seul, il s'associa à l'un des personnages les plus diaboliques du XXe siècle pour financer son église. Aujourd'hui, il se confesse mais ne regrette rien. On dit que Montréal s'en va sur la bum, mais quand on se compare à Détroit, on se console.
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