TOPO DU 04 FÉVRIER

Enfin, après les méchants mardis, voici les gentils mardis ! Ne reculant devant rien, Patrick Lagacé passe la soirée avec Dov Harrouch, jeune rabbin dynamique, membre de Jewish Experience, une organisation juive montréalaise qui veut raviver la foi des jeunes en misant, entre autres, sur le hockey ! Ainsi, tous les mardis quand le Canadien joue, le rabbin convie les jeunes juifs à venir regarder le match. Entre les périodes  - et deux pointes de pizza ! -, il en profite pour donner des cours de Torah. Notre équipe ne pouvait absolument pas rater ce match, « en direct » du Centre Hillel de Côte-des-Neiges ! 


P.L.   Aux Gentils mardis, le hockey, c'est comme le miel pour attirer les mouches.

D.H. Oui, tu peux le dire comme ça. C'est-à-dire que, au début, ça peut être du miel, parce que les gens, ils aiment ça. Les jeunes, aujourd'hui, ils aiment tous le Canadien. On vit au Canada, à Montréal, c'est une religion.

P.L. C'est un aimant.

D.H. C'est comme une religion.

P.L. Puis ça marche?

D.H. Ça marche. Ça a marché pendant trois ans puis c'est eux qui m'appellent, qui me disent: "Il y a un match ce soir. Il y a un cours." Des fois ils disent: "Il y a un cours." Je dis: "Quoi? Tu veux pas venir voir le match?" C'est fini, il n'y a plus de match. Il dit: "Ça me dérange pas, j'aime bien écouter ton cours aussi." Aujourd'hui, venir à un cours de Torah comme à l'école, ils vont pas venir.

D.H. Vous, en 1986, vous étiez pas encore nés, moi j'étais né. Et je l'ai vu, un joueur, petit, 18 ans, il s'appelle Patrick Roy. Il arrive, un petit casque blanc, il est là, il s'assoit. Qu'est-ce qu'il fait? Il arrête toutes les rondelles qu'il peut arrêter, mais jamais au début, il s'est dit: Je vais gagner la coupe Stanley? Il s'est dit quoi? Il s'est dit: Je vais y aller match par match. Ça veut dire quoi? Ça veut dire que chaque jour, chaque jour, tu dois aller day by day. Tu peux pas aller... Tu dois avoir un but dans ta vie, tu dois viser loin. Mais d'y arriver du jour au lendemain, tu arriveras jamais. Ça veut dire que, qu'est-ce que tu investis? Tu investis pas. Il faut investir tout ce que tu as à l'intérieur de toi dans ce que tu aimes faire. Il faut trouver quelque chose que tu aimes faire. Ça, c'est la mission d'une personne. Pour aller chercher c'est quoi ta mission, tu dois avoir un amour pour ce que tu dois faire dans ta vie. Il faut remercier... Il faut remercier le bon Dieu. Il faut remercier le bon Dieu pour tout. Il faut le remercier pour ce qu'on a, ce qu'on a... Ça va commencer?

 

 

 

P.L. C'est quoi les limites des métaphores de hockey quand on enseigne la Torah?

D.H. C'est de dire que c'est exactement la même chose dans la Torah. On voit la comparaison et on dit : "Bien de la même façon que Patrick Roy l'a fait, bien Moïse aussi l'a fait." Non. C'est juste une idée. C'est juste une métaphore qui va donner comment un homme aujourd'hui peut, dans sa vie quotidienne, réussir à faire ce que ce Moïse a fait dans l'ancien temps. Ta métaphore préférée, c'est quoi?

P.L. D'être toujours en équipe.

D.H. Parce que quand le peuple juif est un, quand le peuple juif se respecte un et l'autre, donc il y a un respect mutuel dans le monde entier.

P.L. Qu'est-ce que ça dit sur l'état des jeunes de la religion quand t'es obligé de faire la promotion du laïcisme avec des matches de hockey?

D.H. L'homme n'aime pas beaucoup réfléchir tout le temps, mais quand il réfléchit dans une ambiance qui leur donne cette envie-là, donc ça leur fait réfléchir plus, mais c'est pas quelque chose qui est néfaste, c'est pas quelque chose qui est négatif.

P.L. Le plus grand prophète, est-ce que c'est Jesus Price ou Moïse Kovalev?

D.H. Je crois que n'importe quoi qui se passe dans le monde, c'est parce que c'est une grande volonté qu'Il avait, c'est grâce à Lui que ça va arriver.

P.L. Les Gentils mardis, est-ce que ça vous rapproche de votre foi?

-On vient ici pour voir le match ensemble. C'est mieux pour nous en tant que, disons, si vous voulez, en tant que petite communauté, de voir le match ensemble, en groupe. Il y a plus d'atmosphère, il y a plus d'ambiance. C'est plus excitant. C'est comme, si vous voulez, un win-win. On vient, on voit le match, on reçoit de la pizza. On est plein d'amis ensemble. Bonne ambiance, une bonne atmosphère. Et on étudie la Torah en même temps.

P.L. Puis s'il y avait pas de pizza, est-ce qu'il y aurait autant de monde?

-Oui, définitivement. Définitivement, parce qu'il y aurait de la bière. (rires)

P.L. Ça me semble un peu bizarre d'utiliser le hockey pour enseigner un livre millénaire.

- C'est que le Canadien, ça fait 100 ans qu'il est là. C'est plus vieux. C'est le plus vieux qui est là et qui est là, oujours en train de jouer, et c'est une bonne équipe. Le Juif, depuis qu'y a le monde, il est là, il est toujours là en train d'enseigner sa même Torah. Il y a des Égyptiens qui n'existent plus. Les Romains, on n'en voit pas dans la rue. Plein de grandes nations qui ont disparu, comme dans le hockey, il y a des grandes équipes qui ont disparu, mais le Canadien est toujours là. Alors le Juif est toujours là. Alors c'est le rapport que je fais.

P.L. Qu'est-ce qui vous amène ici personnellement?

- Moi, j'ai toujours aimé apprendre plus sur le judaïsme. Alors moi, je pourrais aller dans un cours de Torah n'importe où ailleurs, il y en a plein qui se donnent à Montréal tous les soirs. Mais j'aime bien venir ici parce que je vois beaucoup de jeunes avec une ambiance et tout ça. Et je vois aussi qu'ils sont captivés. Donc ça motive à apprendre.


J’vais te montrer ça


Jici Lauzon

Nous sommes ici dans les bureaux d'Écosociété, une maison d'édition qui a osé publier un livre qui dénonce les agissements de certaines compagnies minières canadiennes en Afrique. Et la réponse de ces compagnies-là à la maison d'édition, ç'a été une poursuite judiciaire de 11 millions. On appelle ça une SLAPP, Strategic LawSuit Against Public Participation. Ce n'est pas de gagner, mais bien plutôt de faire taire le citoyen qui ose se prévaloir de son droit de parole, de sa liberté d'expression. Il y a plusieurs exemples au Québec. Un citoyen qui est poursuivi pour 700 000$ parce qu'il a osé dénoncer les émanations nauséabondes d'une compagnie. Alors vivement une loi anti-SLAPP, ça va être débattu cet automne au Québec. Et j'espère que vous allez mener le combat qui va redonner au citoyen son droit de parole, son droit à la liberté d'expression garanti dans nos chartes québécoise et canadienne.