TOPO DU 8 OCTOBRE

De Floride, Richard Martineau nous propose une virée dans une gated community : peuplée d’adultes actifs, retraités pour la plupart, la communauté de Boynston est interdite aux enfants et adolescents : ils peuvent visiter leur famille, oui, mais seulement quelques jours par mois ! Nouveau style de vie en vogue chez les baby-boomers américains, ces communautés fermées sont de plus en plus nombreuses, notamment en Floride, climat oblige. Leur credo : « Make the best of your life the rest of your life ! »



Habitante de Boynston, une gated community et Richard Martineau

R.M. Tu sais, Pat, je me fais vieux puis je serai pas toujours là.

P.L. Ah non?

R.M. Non. Un jour, je vais la quitter, cette émission-là. Je peux pas l'animer tout le temps. Puis là, pour préparer ma retraite, je suis allé visiter une belle communauté clôturée en Floride puis des retraités comme moi. C'est beau. C'est calme.


Habitante de Boynston, une gated community


Richard Martineau


Habitantes de Boynston, une gated community


Habitants de Boynston, une gated community et Richard Martineau


Habitante de Boynston, une gated community

 

 


Habitants de Boynston, une gated community

R.M. Ah, le bon vieux temps où tout était simple et propre et papa avait tout le temps raison. Cette image aseptisée d'un monde parfait se matérialise dans de plus en plus d'endroits chez nos voisins du sud. J'ai profité de mon récent passage au pays du "face-lift" pour visiter l'un d'entre eux. Ici, tout est propre, tout est beau, tout le monde est heureux. Bref, c'est le paradis!  Mais le paradis a un prix. En plus des frais d'entretien, les maisons se détaillent au prix d'environ un demi-million de dollars. Une bagatelle pour moi. Pour savoir si c'est ici que je veux m'échouer à la fin de mes jours, j'ai évidemment demandé à faire le tour du propriétaire.

R.M. Donc, nous voici dans un quartier surveillé.

Habitant de la communauté : Oui, c'est un quartier surveillé pour adultes actifs.

R.M. Mais c'est quoi, un quartier surveillé?

H. Eh bien... Vous avez sans doute remarqué en franchissant le portail qu'il y a une loge. Elle ne ressemble en rien à une loge puisque nous l'avons embellie. Nous accentuons l'élégance de nos postes d'entrée. En clair, c'est une loge habitée. On y poste un garde 24 heures sur 24, sept jours sur sept. La loge offre à la communauté un sentiment de sécurité. Elle rapproche aussi les membres de la communauté dans un contexte privé.

R.M. Je ne peux pas franchir le portail et visiter le coin?

H. Ce n'est pas permis. Vous ne pouvez pas entrer ici comme dans un moulin. C'est grâce à cela que les résidents ressentent ce sentiment de sécurité, de vie privée, et de lien avec le voisinage. Tout commence avec cette loge, à l'entrée.

R.M. Les familles ont la permission de visiter?

H. Bien sûr!

R.M. Combien de jours par année?

H. Trente jours pour les enfants.

R.M. Parce que vous ne voulez pas d'une communauté familiale.

H. Exactement. Les séjours sont limités, mais ça n'est pas inhabituel comme politique.


Richard Martineau et des habitants de Boynston, une gated community


Richard Martineau et une habitante de Boynston, une gated community

R.M. Salut. Moi, c'est Richard.

H. Jerry. Enchanté.

H. Salut, je m'appelle Leslie. Bienvenue!

R.M. Qu'est-ce qui vous a séduit le plus ici?

H. L'aspect communautaire. Le lotisseur, JL, motive les résidents à participer aux activités et leur inspire un sentiment de bienvenue. Ils construisent des maisons superbes et démarrent des centaines d'associations pour que les gens s'impliquent, se rencontrent et s'amusent toute la journée.

R.M. Et la sécurité? Vous aimez ce sentiment de sécurité? Un garde à l'entrée, ça vous permet de dormir tranquille?

H. Absolument. Lorsqu'on franchit l'entrée, on sait que si on veut rendre visite à des amis, on a qu'à y aller à pied! Pas besoin de voiture!

R.M. Est-ce que vous vous sentez menacé dans le monde extérieur?

H. Pas du tout. Au contraire! On se sent détendus. Plusieurs résidents sortent souvent. Justement parce qu'ils se sentent à l'aise et en sécurité. Vous connaissez le cliché sur les quartiers surveillés. Des vieux en caddie qui se tournent les pouces et passent leur temps à jouer aux cartes. Eh bien, pas ici. Ça ressemble à un quartier de retraités, mais nous sommes tous très actifs. La plupart des soi-disant retraités qui habitent ici font bien plus dans leurs journées que lorsqu'ils travaillaient. Nous ne vivons pas dans une communauté de retraités.

R.M. Vivez-vous en dehors de la réalité? Dans la réalité, vous avez une multitude de gens différents, des enfants qui gambadent. Mais on dirait qu'ici, vous vivez dans une bulle.

H. C'est vrai. Il n'y a pas beaucoup d'enfants. Mais nous sommes toujours en lien avec la réalité. Nos petits-enfants nous rendent visite. Il y aura toujours des enfants un peu partout dans le quartier puisqu'ils rendent visite à leurs grands-parents. Mais c'est sûr que vous n'allez pas voir des enfants tous les jours! Nous sommes, après tout, dans une communauté d'adultes.

R.M. C'est Disneyland pour adultes?

H. Absolument! Excellente analogie.


Habitant de Boynston, une gated community


J’vais te montrer ça


 

Cette semaine pour notre segment « Je vais te montrer ça » où une personnalité publique nous amène dans un lieu significatif pour dénoncer une situation qui la préoccupe, Lucien Francoeur dénonce les nouveaux parcomètres !


Lucien Francoeur

 

L.F. Bonjour! Mon nom est Lucien Francoeur. Lui, il a pas de nom. Il a pas de nom mais on va lui en donner, des noms. Le Crosseur! Le Bandit! L'Abuseur de contribuable! L'Escroc! Le Fourbe! La Patente! Pire que ça, man, ça se peut pas. Tu peux pas descendre plus bas que ça. Parce que contrairement aux anciens parcomètres, tu la voyais l'aiguille. Tu savais que celui qui était parti t'avait laissé une heure. Ça, tu sais jamais. Pourtant, c'est informatisé. Ça pourrait être simple que ça soit comptabilisé. Chaque fois que t'arrives, tu peux pas profiter du temps que l'autre t'a laissé, ça retombe à zéro. Vous remarquez qu'il y en a beaucoup moins des petits bonhommes qui se promènent. Ils font assez de cash avec ça en nous fourrant qu'ils ont slacké probablement des petits bonshommes et des petites bonnes femmes. En plus de ça, regarde, il est parké lui là. Il a peut-être mis deux heures, six piastres. Moi, je mets 25 cents dedans. Il tombe à deux minutes. Il est fini, il est foutu, il pogne un ticket! Écoeurant. On devrait être plus wise puis laisser nos billets dans la slot ici pour indiquer au monde qu'il reste peut-être une heure, vingt minutes. Faire une guérilla, nous autres et faire ce que des jeunes font. T'arraches les stickers. Je les ai vus, ça s'arrache tout seul. Les vandaliser, ces affaires-là parce que dans le fond, c'est un outrage. On devrait faire de la désobéissance civile. Fuck you, inventeur du Crosseur!

 


Lucien Francoeur


Lucien Francoeur